Le passé c’est l’passer

Parce que c’est difficile

Qu’on n’a pas envie d’raconter la fin

Qu’on garde ça pour soi

Entre ses mains

Le passé c’est l’passer

Alors on l’enterre

Et un jour d’ses cendres

Le passé finit par germer

Son image s’est déguisée

Le passé est devenu un arbre

On le croit mort en hiver

On le coupe

On le brûle

On l’entend frémir

Dans un dernier soupir

S’envolent les oiseaux

Vers un long exil

Pour le meilleur ou pour le pire

Sa douceur nous réchauffe

Sa douleur s’est embrasée

Le passé n’est plus que terre brûlée

Mots éventrés

Que reste-t-il

De tous nos amours échoués

Le passé c’est l’passer

Y’a des mots qui restent

Incrustés sur les plages

Comme des coquillages

Ou des feux de camps

Désertés

Depuis l’enfance ou l’adolescence

Des mots comme des malédictions

Que tu voudrais pouvoir corriger

Mais le destin semble tenir bon

Comme une tragédie

Dont on connaît l’ultime fin

Tu voudrais bien parler aux dieux

Changer de direction

Dans une belle conversation

Ton lendemain serait enfin

Ta vraie libération

Le passé c’est l’passé

Ne plus y penser

Le dépasser

Juste le dépasser

Juste

Courir

Nager

T’envoler

Et danser

Le passé c’est l’passer

Le chanter dans un refrain

Le passé pourrait te traverser

Te renverser

Te transformer

Thierry Rousse
Nantes, dimanche 9 février 2025
"Une vie parmi des milliards"

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